Boualem Rabia
Rabia

Pour un Printemps des Poètes

Poètes mes confidents
vous ne pouvez faire autrement
Restez à votre sillon de lumière
Immuable votre muse qui se joue de tous les vents
Nuit et jour
confiez-la lui
comme semence à la terre
Trempez votre plume dans les abysses
du verbe qui sonde les océans
Et de vos nuits blanches comme d’un cratère
fusera le sourire de la primevère
Muselée par l’égoïsme des hommes ces manants
que fuient parfois même les serpents
Poètes affûtez votre soc
pour emblaver la grisaille et l’habiller de vert
Serment de votre mutisme prolifique
dont seul l’Amour est le véritable penchant

Demain grâce à vous
nous aurons raison de l’enfer
Et nous embarquerons pour le royaume des suaves musiques
délestés de la suie et des souvenirs amers
Songeurs encore mais souverainement contents
d’avoir bravé les tabous et les carcans

Poètes du monde
qui à nos ailes enseignez
les transports exquis et les augustes élans
O Tribu méconnue et lointaine
ô territoire des Rebelles et des libertaires
les oiseaux des îles chantent partout vos vers
Et nous tous éternels lésés de la Terre
nous les fredonnons sans répit
pour prolonger le sourire des enfants
Tout comme un gage de vie
contre la paix des cimetières
Et les colombes qui prennent leur essor de votre encrier
Seront encore et toujours blanches et belles
car grâce à vous elles auront su narguer le fer.

Boualem RABIA : 20 février 2012

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