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Entretien/ Lyazid Chikdene, artiste-peintre : « le confinement est une aubaine pour les artistes »

Lyazid Chidene est un artiste peintre qui vit à Paris. Dans cet entretien, il explique comment un artiste tente de garder le contact avec ses fans, comment continue-t-il à produire.

 

  • Le confinement a changé bien des habitudes et a chamboulé bien des programmes, comment vis-tu cette période?

Lyazid Chikdene : C’est une période un peu particulière, comme pour la plupart, les premiers temps étaient difficiles. C’était presque un cauchemar. Ce n’est pas seulement la contrainte de confinement qui a posé problème, mais surtout l’angoisse permanente due à la psychose généralisée, c’est tout à fait normal, nous n’avons jamais vécu cela, nous avons peur pour nous et pour nos proches. Au bout de quelques semaines, j’ai fini par m’habituer et m’adapter à la situation. J’essaie de la vivre comme je peux en cherchant à tirer profit du fait, je passe plus de temps avec ma famille, je m’occupe du suivi de la scolarité de mes enfants comme je consacre du temps pour ma passion et aux autres tâches d’ordre domestique.

  • Beaucoup d’artistes ont produit durant cette période, est-ce le cas pour toi ?

Ce confinement est une expérience à part. Il a réussi à mettre en veille toutes les activités non essentielles pour reprendre l’expression utilisée, les autorités en France lors de l’annonce du confinement généralisé, mais l’art n’a pas cesser de jaillir. Il est là. Il a prouvé qu’il est important lui aussi à la vie et à l’humanité. Il est à l’esprit ce que la nourriture est pour le corps. Oui, cette période est une aubaine pour les artistes du monde entier. Beaucoup d’entre eux produisent et composent en ce moment. La contrainte est parfois un stimulant efficace pour la créativité. Pour ma part, je peins, je dessine, et je m’initie même au modelage de l’argile. J’essaie de donner forme à certaines idées et projets. Quelques compositions sont inspirées de cette situation à l’image de ces têtes humaines modelées en argile et entassées dans un bocal pour illustrer le coté dramatique du confinement. Je profite également de ce moment pour revoir et relire quelques ouvrages en rapport avec l’histoire de la peinture, parfois je m’arrête à une page illustrant un tableau et je me donne le plaisir de le reproduire juste pour m’évader. Comme beaucoup d’artistes, je partage souvent mes réalisations sur ma page Facebook, une histoire de vouloir contribuer à une variation dans tous ce qui peut être vu et lu sur les réseaux sociaux.

Tableau peint récemment par Lyazid Chikdene
  • Des artistes participent également à des campagnes de sensibilisation pour lutter contre le Covid-19. as-tu participé ?

Je n’ai pas pris part à ce genre d’initiatives, je pense que ce n’est pas la sensibilisation qui manque, c’est la préoccupation du moment, un phénomène qui occupe la une de tous les médias. Le sujet est très technique, la parole est avant tout réservée aux spécialistes en la matière. J’apprécie en revanche la démarche des artistes qui essaient de partager des moments avec leurs fans sur les réseaux sociaux, ça permet à l’artiste de garder le contact avec ses fans qui ont besoin de s’évader et de s’aérer un peu l’esprit en cette période de confinement.

  • Le retour à une vie normale n’est pas pour demain, comment vois tu la vie d’un artiste après le confinement ?

Certes, ça nécessitera un temps d’adaptation pour tout le monde, car il va falloir aussi composer avec d’autres contraintes du confinement pendant un moment mais, la vie finira par reprendre son cours normal. J’espère pouvoir reprendre avec les expositions, je prépare une série de compositions qui se démarquent un peu de ce que je faisais avant, des œuvres plastiques composées avec des matériaux mixtes traitant des sujets plus universels. Et pour terminer, je remercie votre rédaction et je souhaite une longue vie à votre journal.

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